Randonnées & Nature

Pourquoi marcher chaque jour, change profondément le mental?

Une passion née dans l’odeur de la résine des Vosges


D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré marcher. Mes premières randonnées ont pris racine
dans les Vosges, une terre qui m’est particulièrement chère. J’ai du sang vosgien dans les veines, et rien ne
m’apaise plus que la fraîcheur des sous-bois, l’odeur boisée des sapins et le parfum envoûtant de la résine
sous nos pas.
Pour moi, marcher a longtemps été synonyme de liberté, de grand air et d’évasion. Mais la vie réserve parfois
des détours imprévus qui viennent questionner notre rapport au corps et à l’effort.

mes bâtons de randonnée à la main, marchant avec mon chien


Quand le corps s’arrête : l’épreuve de la hernie discale


Un beau jour, mon corps a dit stop. J’ai traversé une période sombre où chaque pas devenait une épreuve.
Les difficultés à me déplacer se sont accumulées, alimentées par divers déséquilibres du dos et les douleurs
lancinantes d’une pathologie articulaire.
Le diagnostic est tombé comme un couperet : une hernie discale. S’en est suivi un long protocole de soins
et de traitements, jusqu’au jour où l’intervention chirurgicale est devenue inévitable.
L’opération a marqué le début d’une rééducation éprouvante. Au départ, je me surprenais à traîner les
jambes. L’une avait été sévèrement lésée par la hernie calcifiée sur le nerf sciatique ; l’autre s’épuisait à force
de compenser. Pour me relever, il a fallu réapprendre. Sur les conseils éclairés des spécialistes, mes bâtons
de marche sont devenus mes plus fidèles alliés.
« Au tout début, je ne marchais pas avec le paysage : je marchais en compétition directe avec ma
souffrance, mes faiblesses et mes douleurs. »


De la compétition avec la douleur au franchissement des paliers


Dans cette phase de reconstruction, mon mental était resté en mode « combat ». Je me fixais des objectifs
stricts, presque militaires :

« Allez, aujourd’hui j’augmente mon temps de marche ! »

« Allez, encore un kilomètre de plus ! »

« Allez, il faut absolument que j’y arrive ! »

Chaque palier franchi — 5 km, 8 km, puis 10 km sur terrain plat — exigeait un effort considérable. Le jour où
j’ai atteint les 10 kilomètres sans fatigue excessive ni crise de douleur, cela a été une immense victoire
personnelle. C’était comme monter sur la première marche d’un podium olympique. Une fois la distance
apprivoisée, je me suis attaquée au dénivelé.

marcher en pleine conscience


Le déclic : passer de la performance à la pleine conscience


Puis, progressivement, un glissement subtil et profond s’est opéré dans ma tête. J’ai compris que la marche
ne devait pas être une lutte contre soi-même, mais une alliance avec son esprit.
J’ai appris à ralentir. J’ai cessé de consulter continuellement mon altimètre pendant la montée pour me dire «
encore 200 mètres de dénivelé et ce sera bon ». Désormais, le dénivelé et les kilomètres ne sont consultés
qu’à la toute fin, simplement pour se féliciter du chemin accompli.
Pourquoi marcher chaque jour transforme-t-il profondément le mental ?


En arrêtant de calculer l’effort pour enfin savourer l’instant présent, la marche change de nature :
1. Elle libère de la dictature du résultat : Marcher devient un espace de lâcher-prise où l’on apprécie
le paysage, les bruits et les odeurs.
2. Elle apaise le système nerveux : Le rythme régulier des pas synchronise la respiration et calme la
rumination mentale.
3. Elle transforme la douleur en résilience : On n’avance plus pour prouver quelque chose, mais
pour offrir du bien-être à son corps et son esprit.

prendre le temps de marcher

Et aujourd’hui sur Pattes de Sakura ?


Aujourd’hui, marcher chaque jour n’est plus un test d’endurance, c’est une médecine douce pour l’âme. Que
ce soit en solo ou guidé par la truffe curieuse de nos compagnons à quatre pattes, chaque sortie est une
invitation à ralentir et à habiter pleinement le moment présent.
Si vous aussi vous traversez une période de douleur, de rééducation ou de stress intense, souvenez-vous
d’une chose : ne regardez pas la montagne à franchir, appréciez simplement le sol sous vos pas.

Avec douceur et gratitude, Virginie – Pattes de Sakura

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