Les Ryokan, les auberges traditionnelles
Il existe au Japon des lieux où le temps semble se plier comme un paravent, où chaque geste devient une cérémonie et où le silence a la douceur du riz fraîchement cuit. Ces refuges s’appellent ryokan.
Un héritage vieux de plus d’un millénaire
Les premiers ryokan ont vu le jour à l’époque de Nara, quand les voyageurs affluaient par milliers sur les routes commerciales et les chemins sacrés. Les auberges, alors rudimentaires, offraient abri, repas chaud et repos.
Aujourd’hui encore, derrière les portes coulissantes de papier, on retrouve cette même hospitalité ancestrale : une volonté sincère de prendre soin du visiteur, de le laisser reprendre souffle.
L’art de l’accueil : l’omotenashi
Entrer dans un ryokan, c’est rencontrer une forme de délicatesse difficile à traduire : l’omotenashi, l’hospitalité totale.
Chaque détail est pensé pour créer une bulle de tranquillité : le thé chaud préparé juste après votre arrivée, le bruit feutré des chaussons sur les tatamis, la cour intérieure où danse une lumière tamisée. Dans un ryokan, on ne séjourne pas : on se laisse porter.
Les chambres : la simplicité comme luxe
Les chambres d’un ryokan ne cherchent pas l’opulence, mais la sérénité.
Tatamis tressés, futon soigneusement déroulé au crépuscule, alcôve décorée d’une calligraphie ou d’une branche de saison… Tout invite à un retour à l’essentiel.

Le onsen : renaître dans la vapeur
Beaucoup de ryokan disposent de onsen, ces bains naturels chauffés par la terre.
S’y immerger est plus qu’un simple moment de détente : c’est un rituel, une respiration profonde.
La chaleur enveloppe le corps et délasse l’esprit.
Autour de vous, les montagnes ou le jardin moussu deviennent des compagnons silencieux.
On dit qu’au sortir d’un onsen, on renaît un peu — et il est vrai qu’on quitte l’eau plus léger qu’on y est entré.
Le dîner kaiseki : un poème servi en plusieurs actes
Le repas du soir, kaiseki, est l’un des trésors du ryokan.
Chaque plat est un poème culinaire : compositions de saison, couleurs délicates, associations subtiles.
On déguste non seulement des saveurs, mais des paysages :
la montagne dans une bouchée de yuba (peau qui se forme au dessus du lait de soja), la mer dans un sashimi translucide, le printemps dans un pétale de sakura salé. Manger dans un ryokan, c’est entendre les saisons murmurer.


Le matin : un réveil tout en douceur
Au petit matin, on frappe doucement à votre porte.
Un plateau apparaît, comme une offrande : riz fumant, poisson grillé, soupe miso parfumée, légumes marinés…
Un petit-déjeuner simple, mais qui a le goût pur du recommencement. Il y a dans ces moments un charme que l’on emporte longtemps après le départ.
Pourquoi séjourner dans un ryokan ?
Parce qu’un ryokan n’est pas un hôtel : c’est une expérience, une pause dans le monde, un geste d’attention. On y apprend que la beauté se cache dans la lenteur, dans la simplicité, dans l’écoute des lieux. On y découvre un Japon plus intime, plus ancien.
Comment choisir son ryokan ?
Quelques conseils pour trouver le lieu idéal :
- Définir son budget : les ryokan peuvent aller d’auberges abordables à des établissements luxueux.
- Vérifier la présence d’un onsen, surtout si l’on souhaite vivre l’expérience complète.
- Privilégier les régions naturelles : Hakone, Kinosaki, Takayama, Beppu, Nikko, Kumano, Gero…
- Lire sur le style de cuisine proposé.
- Observer les photos des chambres, notamment la qualité des tatamis et du jardin.
Un voyage intérieur
Séjourner dans un ryokan, c’est une expérience.
On y entre fatigué du monde ; on en sort comme après un long soupir, avec l’impression d’avoir retrouvé quelque chose — peut-être une part de soi-même.
Mes souvenirs:
Un séjour inoubliable, dont je me souviendrai toute ma vie à Gero onsen dans les alpes japonaises

